Le Mot du président
Le cinéma sud-américain (du Rio Grande à la Terre de Feu) s'exprime à travers une grande diversité. Allégories et métaphores, réalisme et imagination, poésie et dénonciation sociale ont parcouru la thématique filmique des trente dernières années. Les quelque 120 films que nous avons projetés depuis 1999 sont une panoplie de ce parcours.
Mais l'identité profonde de ce cinéma a été de montrer l'être humain inséré dans la société, ses tragédies, ses contradictions, ses doutes, ses limitations, ses frustrations et ses espoirs. Un cinéma qui ne se contente pas de produire un plaisir esthétique, mais pose aussi une réflexion sur ce qui se passe en Amérique latine et indienne. Un cinéma qui, malgré les énormes contraintes auxquelles il est soumis par l'absence de recours financiers et technologiques, s'impose par la force et la qualité de ses créateurs. Qui fait son chemin dans les festivals internationaux, et qui commence à être reconnu en France. Un cinéma en pleine croissance.
C'est dans ce processus que s'inscrivent nos
sixièmes Rencontres. Nous avons grandi nous aussi : nous
complétons un périple à travers les films du continent latino-américain qui a
commencé par la Bolivie, puis l'Argentine, le Mexique, le Brésil, la Colombie
et le Venezuela, et maintenant le Chili. Viendront ensuite - septièmes
Rencontres - les pays andins, l'Équateur et le Pérou, et à nouveau le Brésil
que la France fêtera en 2005, " année Brésil ". A travers le Chili
nous rendrons hommage à Pablo Neruda avec la pièce de théâtre "Une ardente
patience" de Antonio Skarmeta mise en scène par Jean-Claude Nieto.
Nos sixièmes Rencontres sont présidées par le célèbre écrivain Luis Sepùlveda et le réalisateur Gonzalo Justiniano, avec la participation du réalisateur et acteur argentin Victor Laplace. Les danses et la musique seront présentes avec le groupe INKA SOL. La situation au Chili sera abordée à travers une conférence à l'IUFM de Marseille, la littérature à travers l'association Libraires à Marseille, et le département d'études latino-américains de l'Université de Provence.
Nous nous associons à la Quinzaine de cinéma latino-américain et hispanique d'Aix-en-Provence, au concert de Vicente Fellu et de Patricio Anabalon, organisés par La Noria et le comité Chili Amérique latine d'Aix, et nous sommes en partenariat avec de nouveaux amis, le Festival International du Documentaire, la Bibliothèque de l'Alcazar, Bellas Latinas, la Bibliothèque Méjanes, le Théâtre Gyptis...
Au cœur de tout cela, notre association, cette fois avec une équipe technico-professionnelle. Et, en parfaite symbiose, nos adhérents et amis, dans les stands, débats, leçons de cinéma, buffets, projets de solidarité pour le Nicaragua, le Salvador, l'Argentine, dans la défense des droits démocratiques, humains et sociaux. Avec les années passées et parce que nous nous inscrivons dans la longue durée, nos Rencontres sont déjà consolidées dans la vie de Marseille et de la Région. C'est un pont jeté avec l'Amérique du Sud. Mais rien ne se fait dans l'isolement. Cela a été possible grâce aux institutions, aux associations et aux cinémas et festivals qui nous aident, aux réalisateurs latino-américains avec lesquels nous avons lié une solide amitié, et grâce surtout au public marseillais, fidèle à notre originalité et à notre objectif qui est d'unir culture et solidarité.
Hernàn HARISPE
*Affiche haut de page
Pour la quatrième année consécutive, le visuel de l’affiche des Rencontres
cinématographiques est un tableau du peintre argentin Ignacio Carrasco Palmer,
offert pour la circonstance. Qu’il soit mainte fois remercié pour ce geste
d’amitié et de solidarité !