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EDITORIAL Septièmes Rencontres

    Les septièmes rencontres cinématographiques sud américaines que notre association organise sont centrées sur la filmographie brésilienne sans oublier des films d’autres pays du continent. Cela comprend des films de fiction et des documentaires ainsi que des films pour la jeunesse , avec des sessions pour les scolaires. De cette manière, avec d’autres activités importantes qui suivront le cinéma, on inaugure notre participation à l’année du Brésil 2005. Nous avons pour cela été labellisés par l’AFAA et nous sommes en partenariat avec le Conseil Régional.

     La présidence du metteur en scène Carlos Diegues est un hommage à l’œuvre de ce grand réalisateur ainsi qu’un hommage au cinéma brésilien, à son histoire passée et contemporaine, à sa quête continuelle d’identité. C’est un des cinémas les plus dynamiques et originaux d’Amérique latine.

     Le Brésil est en outre un symbole à la fois de différence et de points communs avec le processus historique des différents pays d’Amérique latine, du Mexique à la Terre de feu. Il est différent parce que l’occupation coloniale du Brésil, il y a 500 ans, a été très particulière, et que la disparition tardive de l’esclavage a laissé des traces profondes d’inégalités dans la société.  Il a aussi la particularité d’un métissage afro-indigène très riche, et du caractère quasi pacifique de sa transition vers l’indépendance. En outre, il est la neuvième puissance industrielle du monde occidental et le fossé des inégalités sociales est énorme : dans un pays de plus de 177 millions d’habitants , à peine 5 mille familles ont un patrimoine équivalent à 42% de tout le Produit Intérieur Brut. Ces différences, qui sont autant de défis, rehaussent les qualités originales de la société et de l’art brésiliens. Sa littérature, sa peinture, sa musique, son football, sa "Ginga". Et en ce qui nous concerne, son cinéma.

       Mais le Brésil est aussi ressemblant au reste de l’Amérique latine . Cela, de par ses richesses naturelles, ses problèmes nationaux et ses nouvelles formes de relations avec l’économie mondiale, sa façon d’envisager le rôle de l’Etat, la pratique des religions et des mythes, sa vie quotidienne, son travail, ses relations humaines, mais aussi pour avoir traversé des périodes historiques semblables, des dictatures, la répression, puis des formes originales de construction du progrès social, comme la pratique de la démocratie participative, ou la recherche de l’élimination du problème de la faim.

      Ce kaléidoscope sud-américain sera présent lors de ces septièmes rencontres et dans la programmation que nous offrons pour l’année Brésil : la fête au Balthazar, l’exposition " regards sur les indiens d’Amazonie" à l’Agora de Marseille, le forum social avec la présence de Frei Beto, la littérature de cordel à l’Alcazar.

     Tout un programme pour montrer, débattre, explorer, réfléchir. En désirant que ces événements soient une contribution à la vie sociale de notre région, que ce soit aussi une contribution pour trouver des chemins contre la guerre et la violence.

      Aujourd’hui en Amérique latine soufflent des vents démocratiques et de recherche de nouvelles relations internationales qui permettent des échanges plus justes. Le Brésil a été et est à la tête de cette recherche, mais ces démocraties ne sont ni consolidées ni terminées. Au contraire, les dangers persistent. Par exemple la Cuenca Amazonique, qui est la région la plus riche du monde en bio-diversité, en eau, en oxygène, en terre, court aujourd’hui le risque d’être occupée par des multinationales et est déjà endommagée par des exploitations pollueuses. Cependant pour l’Europe, pour la France, pour notre région qui est le lieu de nos Rencontres ( Marseille, Manosque, Aubagne, Aix, Istres, Septèmes) s’ouvre l’occasion de consolider des liens, d’échanger des expériences, des formes diverses d’organisation de la vie dans nos sociétés, sans hégémonies et avec le sens de la solidarité et du respect.

     Notre activité est une petite contribution. Une petite part d’un réseau plus étendu qu’il est nécessaire de développer avec la persévérance de nos partenaires : l’Association des Libraires, le FID, le Département d’études latino américains de la fac d’Aix en Provence, l’Education nationale avec les leçons de cinéma, l’Espace culture, les festivals de Toulouse et Biarritz, Cinéma du sud, les étudiants d’Euroméditerranée avec l’extension géographique de nos projections dans différents quartiers de Marseille à travers le Chambord, la cinémathèque, le MAC, le miroir, la bibliothèque de l’Alcazar, et e Amérique latine avec le soutien concret de projets de solidarité.

     Nous devons remercier ceux qui nous aident à financer cette activité : la ville, le CR, la DRAC, le CG qui finance une partie de nos projets associatifs, nos sponsors, la DACC, l’éducation nationale avec qui nous partageons depuis 5 ans les leçons de cinéma, l’associations des libraires qui invite cette années des écrivains brésiliens : Luis Fernando Verissimo et Antonio Torres.

     Nous voulons remercier en particulier l’énorme travail effectué par Atahualpa Lichy, notre directeur artistique, et par Diana Lichy, notre coordinatrice générale, de même que chacun des membres de notre association qui bénévolement depuis plus de huit ans soutiennent cette activité qui a permis de projeter plus de 150 films, recevoir des invités prestigieux, et des milliers de spectateurs. Sans cette plate-forme, sans l’action collective de l’Association rien de cela ne serait possible. Nous continuons à unir la culture et la solidarité. La présente lettre puisse-t-elle aussi servir à contribuer à notre continuation. A participer, tout au long de 2005 à toutes les activités pour l’année Brésil, à préparer, dès maintenant, nos huitièmes rencontres de 2006.

Hernan Harispe
Président de l'association solidarité provence amérique du sud

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