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Accueil 9° Rencontres du cinéma Sud-américain
Editorial: Hernan Harispe, Président de ASPAS
Présentation des 9° Rencontres : Atahualapa Lichy, Directeur artistique
Solidarité Le mot du président Le cinéma latino-américain en excellente santé Atahualpa Lichy
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Provence /Amérique du SUD
culture, solidarité, mémoire
L’association
Solidarité Provence / Amérique du Sud créée
à Marseille en février 1998 regroupe des adhérents
dans toute la région. Elle répond au désir de
donner un cadre plus stable aux rencontres et débats sur maints
sujets concernant les pays de ce continent.
Ses objectifs sont d’informer sur la
réalité économique et sociale de
l’Amérique du Sud et Centrale ; d’appuyer toute
action de défense des droits humains, économiques et
sociaux ; de faire connaître les luttes des indigènes, des
paysans sans terre, des femmes, des travailleurs et chômeurs de
tous secteurs, pour le respect de leurs droits ; d’établir
des contacts, ici et là-bas, avec d’autres associations,
coopératives, associations de femmes, centres culturels, etc.
qui travaillent dans le même esprit ; d’initier et soutenir
des projets solidaires (Argentine, Brésil, Salvador,
Nicaragua...) ; d’organiser des voyages et des échanges
culturels entre la Provence, la France et l’Amérique du
Sud ; de mettre en place des Rencontres du cinéma
sud-américain, en liaison avec les réalisateurs de ces
pays ; de diffuser la musique, la littérature, le
théâtre, la peinture d’Amérique du Sud ; de
publier régulièrement une Lettre donnant des informations
récentes de l’association et faisant le point sur les
activités en cours ; d’offrir à ses
adhérents un service de prêt de documents pour des travaux
de recherche, des livres et films, une pratique de l’espagnol et
du portugais ; d’intervenir dans les collèges et
lycées, à la demande des enseignants, pour exposer les
aspects de la vie culturelle, économique, sociale et politique
des pays d’Amérique du Sud…
On le voit, Solidarité Provence / Amérique
du Sud, dès son origine, ne concevait pas la solidarité
comme dissociée de la culture. Son activité durant ces
dernières années, sa vitalité, son inscription
dans la vie associative et culturelle de Marseille et la région,
l’attestent. Et le succès croissant de nos Rencontres
auprès du public nous conforte dans cette conviction.
Hernan
Harispe
Les Rencontres du cinéma sud américain ont rendez-vous
avec le public de Marseille et de sa région depuis maintenant
neuf ans. Toutes ces années, nos partenaires et nos
adhérents nous ont offert leur fidélité et leur
énergie pour que puissent se réaliser ces dix jours de
cinéma, musique, danse, poésie, peinture,
littérature, débats, projets, solidarité.
C’est une flamme durable qui voit se créer chaque
année des nouveautés et des idées originales
établissant une continuité pour l’avenir.
Aujourd’hui, les Rencontres comptent sur de nouveaux espaces, de
nouvelles salles, de nouvelles villes et de nouvelles initiatives. En
2007 nous voilà revenus au cinéma Les
Variétés qui fut pionnier dans cette aventure, les
partenariats avec La Friche Belle de Mai et avec le FID étant
par ailleurs renouvelés. Nous aurons également une
chorale de chants latino-américains, “Les
Notembules”, et de la danse avec l’Académie de tango
argentin. Autre nouveauté importante, la création
d’un atelier de sous-titrage et de traduction constitué au
sein de notre association, et qui a rendu possible la diffusion de
longs métrages inédits. Ce travail, commencé il y
a quatre ans grâce aux étudiants d’Euromed Marseille
École de Management à Luminy qui ont
réalisé les sous-titres de courts métrages, a
été renforcé cette année grâce
à l’appui professionnel de l’Argentine Claudia
Barrico.
Depuis l’origine, chaque édition a mis un pays
invité à l’honneur, faisant ainsi le tour des pays
latino-américains ayant une production cinématographique
significative. C’est pourquoi cette année nous ouvrons un
autre cycle, qui commence par un hommage aux femmes
réalisatrices latino- américaines. Ces neuvièmes
Rencontres auront ainsi une présidente, la réalisatrice
brésilienne Tizuka Yamasaki. Sont également
invitées Marta Rodríguez, cinéaste et
anthropologue colombienne, Dana Rotberg, mexicaine. Ensemble, elles
animeront des débats et les “Leçons de
cinéma”, initiative montée avec le concours de la
DAAC depuis l’an 2000. C’est également une femme, la
romancière argentine Elsa Osorio, qui sera
l’invitée des rencontres littéraires
programmées par l’association Libraires à
Marseille, nos partenaires depuis le début, et Les
Correspondances de Manosque, qui nous soutiennent depuis trois ans. De
plus, une artiste colombienne, Juliana Gomez, exposera ses gravures au
cinéma Les Variétés et à La Friche. Enfin,
signalons qu’une conférence intitulée “Les
femmes latino-américaines”, proposée à
l’Espace culture le 16 mars, a ouvert la réflexion sur
cette thématique.
Ces neuvièmes Rencontres encouragent à la fois la
continuité et l’innovation, sans renoncer à
l’enthousiasme. En Amérique latine, il s’effectue un
mouvement de balancier qui va des ombres aux espérances. Les
retards produits par les déséquilibres dus au commerce
mondial, aux modèles économiques
néolibéraux, aux années sombres des dictatures,
sont contredits par un progrès vers plus de démocratie et
d’équité sociale, par une création
artistique et cinématographique remarquable qui cherche avec
ténacité à s’introduire dans le
marché mondialisé. Nous le verrons encore cette
année, grâce à la programmation du directeur
artistique Atahualpa Lichy. Celle-ci, comme toujours, a
été le fruit d’une recherche professionnelle
approfondie et difficile, pour aboutir à sélection
d’œuvres inédites. La plupart participeront à
la compétition pour le Colibri d’or décerné
par un jury composé de personnalités artistiques
établies dans notre région, ainsi qu’aux Prix
décernés par un jury de jeunes composé
d’étudiants et de lycéens et par le public.
Nous avons toujours cherché à unir la culture, la
mémoire et la solidarité, mais cette union est naturelle
et tient à la définition même des mots. La culture,
source d’identité et de développement pour
l’être humain ; la solidarité comme un moyen de
dépasser les diverses formes d’oppression, de racisme, de
ségrégation, de solitude ; la mémoire pour
continuer à vivre et valoriser l’inébranlable
détermination humaine de vaincre les difficultés
quotidiennes et sociales, d’aller au-delà de la routine.
Remercions ici une fois encore les institutions qui nous appuient,
comme le Conseil Régional Provence Alpes Côte
d’Azur, la Mairie de Marseille, le Conseil Général
des Bouches du Rhône…
Directeur artistique des Rencontres
Un regard
rétrospectif
Neuvièmes ! Déjà les
Neuvièmes Rencontres… Quel chemin parcouru pour faire
connaître à un plus large public, la création
cinématographique latino-américaine !
La programmation des films latino-américains dans les salles
commerciales est devenue quelque chose de commun. Les manifestations
sur le cinéma latino-américain sont de plus en plus
nombreuses. Les distributeurs internationaux se disputent les films
d’auteurs latino-américains, dès
l’écriture du scénario. Et, paradoxalement, il est
parfois plus difficile d’obtenir des copies de ces films pour nos
manifestations.
Mais il y a toujours une nouvelle production, de nouvelles
découvertes, des réalisateurs confirmés qui
continuent à faire des films, des réalisateurs
prestigieux, qui reviennent à la création
cinématographique. Les réalisatrices font maintenant
partie, naturellement, de la création cinématographique.
Notre manifestation reflétera cette diversité, et la qualité exceptionnelle de cette création.
Les cinémas mexicains et brésiliens continuent de nous
surprendre par leur invention, l’argentin a repris une nouvelle
vigueur : il suffit de voir la présence de ces
cinématographies dans les grandes manifestations et leur
présence dans les palmarès. Nous aurions pu montrer 3, 4,
5 films de chacun de ces pays, mais aussi d’autres du Venezuela,
de Colombie, de l’Équateur, même de Cuba, dont la
production n’a pas redémarré complètement.
Venez, venez découvrir cette nouvelle création : dans
notre section officielle, il y a 9 films représentant 7 pays,
dont 3 réalisés par des femmes et 3 premières
œuvres.
Grâce au partenariat avec La Friche, nous montrerons un nombre
plus important de courts métrages: 18, tous genres confondus.
C’est là que nous verrons les Trapero, Solanas, Paul Leduc,
Gonzalez Iñarritu, Ripstein de demain.
Le documentaire aura cette année une place plus importante dans
notre manifestation, en particulier par la présence de Marta
Rodríguez, de la carte blanche au FID, de 2 documentaires en
concours et d’un autre hors concours. Ceci reflète la
grande qualité et le nombre important des documentaires que nous
avons reçus pour la sélection.
“Regards de femmes”. À travers 4 cinéastes
emblématiques de notre continent, nous pourrons découvrir
ou redécouvrir ces regards : Maria Luisa Bemberg, figure de
proue du mouvement des femmes cinéastes d’Amérique
Latine, la première à avoir été
nominée aux Oscar. Nous présenterons son Yo la peor de
todas. Tizuka Yamasaki, notre Présidente cette année,
nous fera découvrir un aspect peu connu de
l’émigration au Brésil, Dana Rotberg viendra nous
présenter son Ángel de fuego, qui avait ouvert la
Quinzaine des Réalisateurs et illuminé la Croisette il y
a quelques années. Enfin, une des plus grandes documentalistes
d’aujourd’hui, Marta Rodríguez, nous montrera sa
fidélité à son combat et la qualité de son
écriture cinématographique, depuis ses premiers films
faits en collaboration avec Jorge Silva jusqu’à ses toutes
dernières œuvres, Una casa sola se vence, sur les femmes
déplacées par les guérillas.
Dans une sélection, il y a toujours une certaine frustration,
celle de ne pouvoir présenter tous les films que l’on a
aimés : il nous faudrait 2, 3 salles de plus, des aides
financières moins modestes, c’est un euphémisme, de
certaines administrations et que sais-je encore, pour montrer que la
création dans ce continent latino-américain
déborde les genres habituels, crée de nouvelles
écritures et n’arrête pas de nous surprendre.
Les films que vous verrez cette année dans nos Rencontres, et au
cours de l’année dans les salles commerciales, prouveront
que c’est une excellente, une extraordinaire année pour la
création cinématographique latino-américaine.