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Quelques mots sur le Brésil                     

  •  BRESIL-BRESILS ,
          l’Année du Brésil en France (mars-décembre 2005) est organisée :
    - Au Brésil par le Commissariat général brésilien, le Ministère de la Culture et le Ministère des Relations Extérieures.
    - En France par le Commissariat général français, le Ministère des Affaires étrangères, le Ministère de la Culture et de la communication et l’Association française d’action artistique.
    L’ Anthropophagie enchantée ? Annoncée dès avril 2001, «Brésil, Brésils», Année du Brésil en France, se déroulera de mars à décembre 2005.

  •    Après l’Algérie, la Chine et la Pologne, la France a donc choisi de célébrer le Brésil en consacrant une année à ce grand pays avec lequel elle a des relations historiquement denses ; les deux pays partagent en outre une longue frontière commune le long de la rivière Oyapock, en Guyane.

       Mais ce choix est également une reconnaissance : celle de la vitalité du Brésil, de sa richesse culturelle, du talent de ses hommes et de la grandeur de ses créations. Derrière le thème – « Brésil, Brésils », du singulier au pluriel – se cache l’ambition de montrer la diversité et la modernité de cet immense pays de plus de 180 millions d’habitants, ainsi que de présenter le Brésil sous toutes ses facettes :
    culturelle bien sûr, mais aussi économique, sociale ou touristique. Malgré les aléas de l’histoire, la France et le Brésil ne se sont jamais perdus de vue depuis cinq siècles. Il faut signaler d’abord la nature de ces échanges, exceptionnelle dans un contexte Nord-Sud : les rapports entre la France et le Brésil ne furent jamais des relations de colonisateur à colonisé.
  •   Mario Carelli, historien de ces « cultures croisées », divisait ces relations en trois époques, du regard distant aux mythes, en passant par l’acclimatation.

         Le « regard distant » est d’abord celui que posent les Français contemporains de la découverte du Brésil  ou plutôt de son «invention», comme le disent les Brésiliens avec  André Thevet, Jean de Léry et bien sûr Montaigne. Le siècle des Lumières vient éclairer ces visions par les regards de La Condamine et de Bougainville. Un peu plus tard, les « peintres voyageurs » du XIXème siècle rapportèrent du Brésil aquarelles et gravures qui firent beaucoup pour la diffusion de cet exotisme.

        Dans la deuxième période, « l’acclimatation » des modèles français est délicate. L’appel aux colons européens permet aux Français d’exporter des idéologies, comme le positivisme d’Auguste Comte, devenu religion d’État au Brésil après la proclamation de la République en 1889. La suite est faite d’une fascination pour le « mythe » brésilien.
  •     Au XXème siècle, les Brésiliens apprivoisent le Paris de la Belle Époque et, paradoxalement, se découvrent brésiliens à Paris. Réciproquement, la puissance des tropiques hantera les illustres résidents français au Brésil : Paul Claudel, Darius Milhaud, Blaise Cendrars...

        Elle sera également le terreau de pensées originales : celles de Georges Bernanos, Roger Caillois, Claude Lévi-Strauss, Roger Bastide ou Pierre Verger. Les allers-retours entre les deux rives de l’océan des modernes « anthropophages brésiliens » ont aussi singulièrement enrichi ces échanges. Ces derniers ont renouvelé et réinventé pour leur propre compte une tradition d’échanges et initié une route qui s’est prolongée tout au long du siècle écoulé : il suffit d’évoquer Mário de Andrade, Tarsila do Amaral, Cicero Dias, Frans Krajcberg ou Tunga pour réaliser à quel point nous nous sommes « nourris » les uns des autres, par-delà l’Atlantique, au travers d’une multitude d’aventures partagées.

        Cet enrichissement réciproque est bien un « réenchantement » de nos modernismes exsangues, de nos académismes usés.
  •    L’année 2005 sera l’occasion de développer encore ces dialogues entre les deux pays et de susciter de nouveaux liens, à même de donner un nouvel élan aux relations franco-brésiliennes pour les décennies à venir. 

    André Midani, commissaire pour le Brésil Jean Gautier, président du commissariat français
    Jean-François Chougnet, commissaire pour la France Equipe technique Brésil
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