Littérature

Marcio Souza à La Ciotat (En provence)
"Les
bibliothèques doivent avoir la même importance que les postes de
santé".
"Ecrire
c'est ma profession, c'est mon travail. J'écris parce que ma survie
dépend de cela. Je vis de mon travail littéraire. Je n'ai pas une autre source
de revenu. Je suis devenu écrivain en 1976, à la suite de la publication
de mon roman "L'Empereur de l'Amazonie". J'ai toujours été
professionnel en tout ce que je fais. En tant que fils d'ouvrier, je ne vois
pas une autre signification pour mon travail que la nécessité de garantir ma
subsistance. La vision bourgeoise selon laquelle la littérature n'est pas une
profession, me semble aussi exotique que le froid polaire pour un Amazonien. C'est
pour cela que je lutte pour la dignité du travail de l'écrivain, qui au
Brésil, est considéré comme un loisir ou comme une monnaie sans aucune valeur
de capital social dans le trafic d'influences. Et c'est aussi pour cela que
dans chacune de mes oeuvres, j'ai un plus grand compromis envers mes
lecteurs pour recréer le Brésil contemporain".
Source : "Pourquoi écrivez-vous". Paris, Libération. 1985
L'association
"Solidarité Provence-Amérique du Sud", en collaboration avec les Associations
Libraires à Marseille, Libraires du Sud, à l'occasion des 4èmes Rencontres
Cinématographiques Sud-Américaines, a invité l'écrivain Brésilien Marcio
Souza, afin de
développer les liens entre l'écriture et l'expression cinématographique.
Marcio Souza est né en 1946 à Manaus, au coeur
de l'Amazonie. Ses travaux et ses recherches sont liés au mouvement qui lutte
pour défendre la culture amazonienne. Actuellement directeur de la FUNART
(au Ministère de la Culture du Brésil), il écrit pour le cinéma et est
également l'auteur de "L' Empereur de l'Amazonie" et de "Mad
Maria".
Mad
Maria a été publié en 1983, dans une période de dictature
militaire caractérisée par des oeuvres pharaoniques, aussi bien par leur taille
que par leur coût matériel et humain. Période dans laquelle le projet de la
modernité était invoqué comme un justificatif pour de telles oeuvres inachevées
comme la route Transamazonique, qui nous amènede
rien à nulle
part et aussi le chemin de fer Madeira/Mamoré.
Publié dans le dernier quart du 20ème siècle, l'oeuvre de Marcio Souza revisite donc, le tragique épisode de la fin du 20ème siècle dans son actualité emblématique. Ce livre peut être classé comme un roman dans lequel l'auteur raconte l'histoire d'une époque, celle du début du siècle, comme s'il s'agissait d'une fiction au point qu'on se demande si le monde évoqué a réellement existé. L'histoire tourne autour de la construction d'une voie ferrée servant les intérêts des capitaux américains à l'intérieur de l'Amazonie.
En cette fin de siècle, les photos de Sebastiao Sagado, de l'exposition TERRE, sur le drame humain des paysans sans terres, et aussi sur le travail dans des conditions inhumaines, comme dans les mines du "Carajas" ou de "Serra Pelada" au Brésil, ou dans tant d'autres contextes d'exploration et de misère humaine nous ramène aux temps du capitalisme sauvage.
Le roman reprend, dans sa narration, l'épisode historique de la réunion d'ouvriers de plusieurs parties du monde, internationalisés non pas en faveur de leur travail, mais en faveur du capital.
La fabrication de natifs sans terre, par l'avancement néo-colonialiste sur les territoires indigènes, l'exclusion et la mutilation de quelques uns parmi les rescapés, sont seulement quelques données de plus, dans la configuration de cette horreur économique.